La France est elle prête à l’influence grandissante du marketing ethnique ?

Poser la question du marketing ethnique en France relève encore aujourd’hui du politiquement incorrect, au point qu’un vrai carcan est tombé sur les épaules de nos gens de marketing, constate Jean-Paul Tréguer, fondateur de Senior Agency et auteur, avec Jean-Marc Segati, de l’ouvrage Les Nouveaux marketing.

Sujet éminemment tabou, le marketing ethnique, qui vise à singulariser un individu pour sa différence, apparaît comme contraire au fondement même de la République.

Parler de marketing ethnique équivaudrait pour certains à nier la France. « Cibler l’autre, c’est le différencier, le marquer, le singulariser, récuser le principe d’uniformisation de la communauté nationale dans un pays où les statistiques sur l’origine ethnique des populations sont interdites », commente Pascal Blanchard sur amadoo.com, un site qui se veut la référence des communautés noires à travers le monde en matière d’information, de services et de loisirs en ligne.

Une chaine de restauration rapide nationale (quick) propose des hamburgers Halal -et rien que des burgers Halal- dans 8 de ses points de vente. La polémique a été lancée en 2010 par le Maire de la ville de Roubaix (membre du Haut conseil à l’intégration…) qui a déclaré que « cela devient discriminatoire » et parle de saisir la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité).

Tout le monde sait que la nourriture Halal n’est plus une niche, c’est un marché de 5,5 milliards d’euros (selon le cabinet Solis cité dans LSA), tout bon marketer sait qu’on peut faire beaucoup d’argent avec ça et que la tendance ne date pas d’hier, QUICK a bien fait preuve de sens du client, un sens du client local, au mépris du positionnement d’une enseigne nationale.

Mais alors pourquoi tant de polémique ? Selon Marine Le pen, Vice présidente du FN à cette époque : « la chaîne de restauration rapide a décidé de servir pendant plusieurs mois, dans huit de ses trois cent cinquante fast-foods de France, exclusivement des burgers conformes aux préceptes de l’islam ».

Mais peut-on en vouloir à des entreprises de vouloir faire du profit au profit de certaines pratiques religieuses ? Dans ce sens, il faudrait penser à fermer tous les magasins ou enseignes proposant ou vendant des produits de ce type (hypermarchés cascher ou halal par exemple).

Faut-il alors renoncer à s’adresser à des populations qui ont des besoins spécifiques, ne serait-ce que par leurs habitudes alimentaires ou les caractéristiques de leur peau ou de cheveux ?

De telles polémiques ne devraient pas exister dans un pays comme la France, foyer d’immigration majeure, un pays laïque et multiculturel, ou de nombreuses ethnies cohabitent ensemble. Sans aller dans les dérives, les entreprises se doivent si elles veulent rester compétitive de s’adapter à toutes ces ethnies et elles le savent, c’est le cas de Herta avec son croque monsieur ou Delpeyrat et son canard par exemple qui proposent des produits cascher et halal alors qu’il n’ont toujours proposer que des produits à base de port.

Le pragmatisme est la clé de succès de ces entreprises cependant attention aux dérives.

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